L'Auberge Virtuelle

Découvrir les jeux Belonging Outside Belonging : des jeux sans dé, sans meneur très chouettes

Salut à toutes et à tous !

J’ai découvert les jeux BoB (Belonging Outside Belonging) en 2016 sur l’Auberge Virtuelle. A l’époque @Kalysto nous proposa une liste de jeux à découvrir avec lui - et au milieu de ces jeux, il y avait Dream Askew.

Gros crush pour moi sur la présentation des règles, l’ambiance à la table et les thèmes abordés - entre survie, communauté queer, amour, violence et (des)espoir.

Les jeux BoB sont directement dérivés de Dream Askew et de sa proposition de jeu. Et il en existe aujourd’hui plus de 50. Mais ces jeux peuvent sembler compliqués à aborder, alors que pris par le bon bout c’est tout le contraire.

Bref 4 ans après, je vous propose une manière de découvrir comment jouer aux jeux BoB via un « petit » guide : https://www.cestpasdujdr.fr/un-guide-pour-jouer-aux-jeux-belonging-outside-belonging/

Vos critiques, commentaires et questions sont plus que bienvenus.

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Super merci pour le partage.

Rappel moi dans Dream Askew, il y a dés ou pas ? Un MJ ?

Je te confirme qu’il y a ni dé ni meneur de jeu.
Mais en fait ces jeux BoB qui sont quelque part des PBTA sans le nom peuvent très facilement devenir des jeux à MJ. Sans aucune modification des règles, juste une répartition différente à la table de certains éléments : notamment les Cadres.

Je ferai ça comme ça pour jouer avec MJ :
1/ création des persos
2/ création de la communauté tous ensemble
3/ idle dreaming comme expliqué dans le guide
4/ MJ joue ses moves et questions de Cadres pour relancer / dynamiser / commencer à créer un ou plusieurs axes narratifs en impro en se basant sur les réponses et scènes du idle dreaming

Question con : Est-ce que pour vous un Pbta « demasterisé » et avec une distribution des cadres devient un BoB ?/ Est-ce qu’un Pbta « demasterisé » sans distribution de cadres devient une sorte de BoB?

Et sinon, Matthieu, j’ai juste survolé ton article mais c’est un sacré boulot !

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Merci @Belfeuil ! Tu t’apercevras en jetant un oeil à la fin à la liste des relecteurs que cela a été un grand travail à + de 20 relecteurs / testeurs :slight_smile:
L’article s’est écrit petit à petit, en versions successives pendant 3 semaines. C’était passionnant et vraiment beau en terme de partage. Du coup est-ce encore juste mon article ? :slight_smile:

YapaD’question con voyons :slight_smile:
In fine, quand la première version de Dream Askew est a été publiée j’ai l’impression qu’on y a beaucoup joué comme ça : du « à peu près 'calypse sans meneur ». Donc oui, ça peut tout à fait. D’autant que les BoB ne forment pas un ensemble de règles homogènes. Si tu prends l’exemple de Balykbayan de Jammy R Nedjadi, le jeu te laisse le choix : avec ou sans meneur. On y retrouve d’ailleurs bon nombre de conseils de maîtrise d’un PBTA.

Donc pour aller vite, si tu prends un PBTA, que tu vires le MJ mais que tu crées des Cadres représentant les grands thèmes du jeu, carrément. Un Cadre c’est juste : un thème du jeu, des choix à faire dans des listes, des moves et des conseils de jeu.

Si jamais @Kalysto passe par cette page, il pourra certainement beaucoup mieux te répondre que moi car il a beaucoup - beaucoup - travaillé sur la question du PBTA sans meneur. Il a créé des jeux assez fous dans ce sens.

Salut. Alors moi et les jeux sans MJs c’est une histoire compliquée. En plus j’aime pas ça, c’est nul et j’ai jamais aimé le nom (et tous mjs c’est pas mieux, peut être un « jeu dont l’histoire n’est pas écrite/contrôlée par une personne », un « jeu où tout le monde à son mot à dire comme au bistrot » ^^) :stuck_out_tongue:

Tout a commencé avec des tests de jeux comme Fiasco ou Vast & Starlit où il était clair que la procédure de jeu ne suffisait pas à générer une histoire cohérente, la bonne dose de contenu qui allait être utilisé pour la partie ou même le ton/couleur attendu pour le jeu. Pour moi le Mj n’est pas là que pour raconter une (son ?) histoire, mais pour garantir (dans la mesure du possible) un type d’histoire, d’univers, etc… bref une cohérence cohérence globale.

Plus tu veux effacer le MJ, et plus ton jeu doit contenir de procédures (qui fait quoi, qui parle quand, liste d’inspis, tropes de l’univers, tables aléatoires,…) pour remplacer ce pilier/monsieur Loyal/maître de piste, celui qui essaye de maintenir le groupe dans un filet assez serré pour ne perdre ni les joueurs ni la promesse initiale du jeu tout en laissant chacun bouger et respirer à l’intérieur (très variable selon les joueurs). La largeur des mailles du filet, c’est un peu la part de narration/influence sur l’univers que tu laisses aux joueurs (rappelons que moult joueurs ne sont pas à l’aise avec ça, font des banalités, des trucs hors propos, et au final tu te casses beaucoup plus le cul à ramer pour que ça soit un minimum intéressant d’un point de vue histoire, si c’est possible, là où tu aurais pu pondre un truc raccord par toi-même).

Poussé plus loin, ce genre de réflexion sur la procédure, ça peut aussi donner un jeu solo (ou de la génération d’univers, de cartes à explorer style Oltrée,…).

Quand on est passé à Dream askew, c’était le même constat. Le jeu en lui-même ne donnait pas vraiment les moyens de jouer, de comprendre comment ça fonctionnait (j’insiste bien avec le « en lui-même » sans connaissance d’autres pbta etc… ), de lexique lgbt expliqué*, et ne garantissait même pas de créer une fiction qui collerait à ce que le jeu promettait. De là j’ai réécris « l’encadrement » du jeu (ce qui me permettait aussi de diffuser la trad), c’est à dire comment utiliser les livrets, les cadres, etc… en étant très clair que ça pouvait altérer l’expérience. Exactement comme quand tu as appris à jouer avec un MJ dont tu as été le joueur, là je te transmets une version qui me parait plus viable et des clés supplémentaires de prise en main du jeu pour essayer d’arriver au résultat promis. A ce sujet c’était en ça qu’AW était novateur : il avait pour but de transmettre par le biais de l’ouvrage ce qui était auparavant une transmission (plus ou moins bonne) de ce qu’était une partie de jdr par le biais de la pratique avec un MJ préexistant.

*Gros lien avec le jeu sans MJ. Pour pouvoir y accéder il faut que les éléments attendus, les tropes d’un certain type de fiction soient connus de tous. Si tu veux faire du noir, qu’une seule personne s’y connait vraiment autour de la table, que ta procédure n’est pas assez étoffée pour auto-produire ce contenu, alors ça n’est pas forcément ce qui va être créé et une seule personne à la table s’en rendra peut-être compte. C’était souvent mon sentiment quand je participais à un jeu sans MJ genre « on fait pas ce qu’il faut », « c’est pas bon », etc… mais bon je suis connu pour être beaucoup trop critique. C’est là où la répartition de cadres s’ils existent dans le jeu (on peut appeler ça un bornage, des périmètres narratifs) peut être très importante .Dans le cadre de DA si tu files le cadre de l’enclave queer a quelqu’un qui n’est pas concerné, pas curieux, pas respectueux, etc… bah le cadre ne va pas s’exprimer et un pan crucial de la fiction va s’effondrer (autre point intéressant de DA, ce qui doit s’appeler des flags dans d’autres jeux : si pj A fait une action qui aide pj B a exprimer/exposer son livret, alors pj A est récompensé). Tu peux avoir un joueur qui s’y connait en militaire et qui va dépeindre avec brio cette facette d’un jeu (si on ne tombe pas dans les excès du « ah non ça c’est pas possible », là encore la procédure doit penser à ces points là). Tu peux avoir un joueur X qui s’y connait moins bien en ésotérisme que le joueur Y, mais qui est intéressé et le joueur Y, bienveillant, peut au final agir comme un guide pour X (on en revient à la transmission MJ/Joueur)

Après j’ai fait quelques essais avec des résolutions à la DA, pbta, FU, lasers & feelings, OMT, les jeux de Levi Kornelsen, Durance,… Là c’est au final juste une mécanique de passage de la parole/transitions dans la fiction, que tu mélanges avec ton cadrage des procédures. Au final pour moi, tu fabriques pour les autres un jeu sans MJ en essayant d’y intégrer la manière dont tu aurais été MJ si tu avais été là : les points qui te paraissent importants, les questions qui permettraient à un livrets de vraiment s’exprimer, etc… Après j’avais pas de joueurs, pas de playtesters, donc j’ai tout arrêté sur ce plan là du jdr.

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Pour ma part, j’ai du mal avec l’idée que la mécanique doive à tout prix remplacer totalement le MJ. Ca ne me dérange pas que le jeu sans MJ ne verrouille pas tout de ce côté là et que la fiction en ressorte imparfaite, pas forcément dans le canon attendu. Le plus intéressant à mes yeux c’est l’émergence surprenante d’une fiction collaborative et l’expérience d’une création collective. Dans mon cas, souvent les parties « sans MJ / tous MJ/ ou au moins avec un max de partage d’autorité narrative » me paraissent bien plus riches que celles avec MJ « cadreur ». Les cadres des Bob peuvent aider mais j’ai comme une préférence pour faire entièrement confiance aux joueurs sans avoir à les cadrer du tout. (désolé, j’ai pas la plume de notre bien aimé Kalysto ci-dessus :slight_smile: )

Précision au cas où, quand j’évoque une procédure, c’est effectivement une mécanique de jeu (qui parle quand, qui dit quel genre de truc, qui établit quoi, qui joue les persos secondaires, etc…) mais pas une mécanique de résolution.

Adepte revendiqué du « sys-thème matters » (que j’ai inventé ^^) pour moi c’est important de savoir à quoi je joue et pas de le découvrir pendant le jeu parce que je n’utiliserai pas forcément les mêmes systèmes en fonction de ce que l’histoire est censé raconter (héroïque ou pas, ambiance, montée en pression, difficile au début pour pouvoir triompher à la fin, etc…).

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